L'atelier de Scorbiac par B.Peran
La vie rouge de la lumière naissante, les traits glissants du soir, animent les terres prenant la pose sur les étagères ou se cherchant sur la sellette.
La lumière est source de vie et c'est ce qui captive Scorbiac.
Un homme se dresse, un géant, minuscule aussi par sa tête insignifiante et dérisoire. pourtant sa force est là, dans son corps aux matériaux mêlés, dans la stabilité hautaine de ses pieds, héritage de Giacometti.
La famille est une question fondamentale du travail de Scorbiac; elle est l'origine de l'homme
D'une même masse de terre, des ascendants sortent et offrent leur individualité au regard. Chaque être encore retenu à la terre féconde se fait créature
première d'un démiurge puissant. Il a la force et la vitalité de la matière. Les personnages vivent , et se transforment ici en une pyramide sur le point de s'écrouler.
C'est à une reprise totale du monde que vise l'acte créateur, chacun d'eux présente cette totalité à la liberté du spectateur. L'atelier de Scorbiac force à avoir ce regard totalisant sur le monde.
Il confère une distance et une position d'extériorité nécessaire pour contempler la confusion de la ville, l'enfermement de chacun dans son histoire.
La libération du spectateur est totale, il se débarrasse du monde particulier qui l'encombre, et surprend, posé devant lui, son ordre interne sublimé.
B.Péran
