Les Vies par B Peran


Les Vies de Raphaël Scorbiac nous emmènent sur une hauteur inconnue d'où regarder les hommes ; elles nous font quitter nos habituelles perceptions, pour nous imposer un recul, une vision plus généreuse et totalisante.  Les personnages placés dans l'espace ne sont pas des êtres de sculptures uniques par leur solitude et leur pose , mais ils sont un tour des hommes, comme on ferait un tour du monde ; un homme et toute sa vie, une foule disséminée sur la terre à un instant saisi par le regard. Silhouettes en à-plats, bas-reliefs ou ronde-bosses, silhouettes posées là ou jeux de perspectives et de proportions ; un mélange des genres pour des vies encadrées ou hors-cadres, vivant de gestes, de fétiches, de rencontres et de parcours dans la Babel de la vie. Des vies statistiques, des vies poétiques.
L'humanité vit son incroyable extension. Regardée depuis ailleurs, de plus loin, cette foule se fait silhouettes dessinées par la lumière ; une lumière qui condense la matière en masse ou la réduit à un trait filiforme.
Les Vies déambulent dans un espace symbolique géométrisé ; le cercle et l'infini, le carré et l'intégrité, la ligne et l'horizon ; sans oublier les chemins de traverse, les ascensions fulgurantes, les inattendus de la vie.

B Péran

                                                                   Septembre 2009

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